Notre eau – Partageons, réinventons et innovons Photo : Andreas Tille

L’année 2018 a été marquée par la tenue du 8e Forum mondial de l’eau (www.worldwaterforum8.org/) à Brasilia, du 18 au 23 mars. Force est de constater que les événements reliés à l’eau marquent l’actualité de plus en plus fréquemment. Les inondations du printemps dernier dans le sud-ouest du Québec et celles de cet hiver, certes reliées à des conditions climatiques exceptionnelles, révèlent aussi la grande vulnérabilité et la fragilité de nos sociétés face aux aléas naturels. À l’heure où les changements climatiques font craindre, avec de moins en moins d’incertitudes, des dérèglements du cycle de l’eau (tel que nous le connaissons) et une augmentation de l’occurrence des événements extrêmes, des solutions doivent être pensées et mises en place dans un esprit innovant et constructif.

Faire face à trop d’eau lors des inondations, à trop peu d’eau en période de sécheresse, offrir une eau de qualité et des services d’assainissement à tous et à coût raisonnable, voici les défis que les experts doivent dorénavant traiter non plus isolément, mais en collégialité et dans un souci de partage pour que les solutions présentées soient robustes. Sharing Water, c’est d’ailleurs le slogan du 8e forum de l’eau.

Les solutions existent
Elles sont d’ordre technique par la construction d’ouvrages de retenue et de rétention. Elles font appel à des modes de gouvernance territoriale limitant l’accès à des zones vulnérables, telles les zones inondables, et en optimisant les fonctions naturelles du milieu pour prévenir des situations critiques. À cet égard, la nouvelle loi adoptée en 2017, Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques, pose des jalons législatifs prometteurs en appui à un développement du territoire dans ce sens.

Les solutions sont d’ordre sociopolitique et passent par une clarification et une sensibilisation des enjeux pour faciliter les changements de comportement et favoriser les innovations. Penser ces solutions, compte tenu de la diversité et de la complexité des problématiques à traiter, tel est l’enjeu clé que l’Organisation des Nations Unies (ONU) aborde dans le cadre de l’agenda de développement durable (Agenda 2030), de ses objectifs et des cibles spécifiques à atteindre pour 2030. De manière spécifique pour l’eau, l’objectif 6 vise à garantir l’accès pour tous à l’eau et à l’assainissement et à assurer une gestion durable des ressources en eau. Toutefois, y parvenir nécessite de travailler à l’atteinte des 17 autres objectifs. La tâche est complexe.

Au-delà d’un calendrier diplomatique international et global, l’Agenda 2030 offre aussi un cadre de cohérence qui, même à l’échelle locale, favorise des orientations innovantes pour faciliter une transition nette vers un monde plus résilient et qui se soucie des générations à venir. Penser out of the box et oser réaliser des projets innovants, ce n’est plus une utopie, mais une réalité. Ainsi, en termes architectural et d’aménagement du territoire, il est dorénavant opportun de promouvoir des modes d’architecture précurseurs. Tel est le cas de l’architecture bioclimatique, prônée par Mick Pearce. Naturalisé Australien, né à Harare au Zimbabwe, M. Pearce met en pratique les principes du biomimétisme et utilise des matériaux naturels pour ainsi prôner une forme d’architecture responsable et non dommageable pour l’environnement. Parmi ses réalisations, il y a notamment l’Eastgate, un bâtiment situé à Harare, dont le système de maintien de la température s’inspire de celui que l’on retrouve dans les termitières.

Pour régler les enjeux globaux et locaux de l’eau et offrir aux générations futures un monde résilient, osons innover, inspirons-nous des bons coups d’ailleurs, soyons exemplaires et faisons confiance à la diversité et à la qualité de nos expertises disponibles au Québec.


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