Expo 67  s’expose, 50 ans plus tard Le Centre de design de l’UQAM proposait Habitat 67 vers l’avenir / The Shape of Things to Come, réalisation phare de Moshe Safdie. Photo : Michel Brunelle

Considérée comme l’exposition universelle ayant connu le plus vif succès du XXe siècle, Expo 67 a accueilli plus de 50 millions de visiteurs et 62 pays participants. Si l’événement offrait un vaste laboratoire où toutes les disciplines du design travaillaient de concert, l’été du 375e anniversaire de Montréal a joué un rôle d’aide-mémoire, en présentant au public l’occasion de visiter plusieurs expositions soulignant les cinquante ans de cette période marquante. Plusieurs présentations portaient en elles l’héritage de ce rendez-vous historique, en mettant à profit l’apport d’un design pluridisciplinaire au service de la découverte.

À l’époque, Expo 67 proposait des projets architecturaux audacieux, tout en accordant une place importante et innovatrice aux médias audiovisuels. Bien avant la vidéo numérique, on exploitait déjà diverses thématiques par des projections d’images fixes ou animées sur des écrans multiples, tridimensionnels ou modulaires. En quelques décennies, Montréal est devenue une capitale du motion design et des effets spéciaux. Aujourd’hui, l’apport des nouvelles technologies au service du design d’exposition recrée des ambiances et des mondes virtuels, grâce au mariage subtil d’une variété d’éléments capables de rendre un lieu unique et mémorable.  

Quelques exemples à découvrir

Du 1er juin au 13 août, le Centre de design de l’UQAM proposait Habitat 67 vers l’avenir / The Shape of Things to Come, un volet unique qui démontrait comment le concept d’Habitat 67 a marqué le parcours professionnel de l’architecte Moshe Safdie. Le conservateur indépendant Donald Albrecht a su relever le défi de présenter une exposition linéaire, sans tomber dans le piège de l’anecdote. La complémentarité des maquettes, méticuleusement réalisées, combinée au matériel d’archives démontre l’évolution linéaire de ce projet, des esquisses préliminaires aux maquettes détaillées de l’édifice dans sa forme actuelle. Une succession d’images projetées en continu nous dévoile aussi l’intimité d’intérieurs d’Habitat et des gens qui y vivent à l’heure actuelle, créant ainsi un trait d’union intéressant entre le passé et le présent. Après un demi-siècle de projets, l’architecte explore toujours des solutions novatrices pour développer des concepts d’habitations urbaines offrant la qualité de vie d’une maison dans des banlieues surpeuplées. De magnifiques maquettes de projets récents illustrent cette progression vers le présent, véritable aboutissement de la démarche de cet architecte d’origine montréalaise.



Le Musée Stewart de l’île Sainte-Hélène propose jusqu’au 8 octobre, Expo 67. Photo : Élias Touil


De façon différente, mais tout aussi pertinente, le Centre d’histoire de Montréal présentait jusqu’au 2 septembre Explosion 67 – Terre des jeunes. L’exposition relevait le défi de remettre cette période unique dans le contexte culturel et politique effervescent de l’époque. On a optimisé l’espace disponible en morcelant des dizaines d’entrevues sous forme d’extraits anecdotiques ou humoristiques, grâce, entre autres, à des écrans tactiles et des cartes interactives. Des casques d’écoute rendaient plus intime l’expérience du visiteur à chacun des témoignages. Sur le site Web du musée, on pouvait lire : « Entre les panneaux dynamiques, les multiples projections, les explorations visuelles et tactiles, les ambiances sonores et ses expériences en réalité virtuelle, Explosion 67 s’inspire et rend hommage aux innombrables innovations technologiques qui caractérisaient l’expérience d’Expo 67. » 

Parmi les décors immersifs rendus possibles par un environnement numérique se trouvait une aire où le visiteur était invité à faire l’expérience d’un tour de minirail en réalité virtuelle. Mais ce sont les témoignages en fin de parcours qui expriment le mieux l’impact qu’a eu cet événement incomparable dans la mémoire collective. Ce faisant, l’information ne passe pas uniquement par l’intellect, mais elle réussit à partager l’émotion et l’expérience du lieu.

Mode Expo67, présentée au Musée McCord, offre un regard nostalgique sur la mode de cette décennie, en mettant en exergue des objets de sa collection permanente, ainsi que des films d’archives. Outre les costumes, on peut visionner de courtes entrevues avec les designers qui ont habillé le personnel de nombreux pavillons. On a réussi à recréer le contexte de l’effervescence créatrice qui se reflétait alors par la couleur et la diversité des formes – hélas, cette vision omettait toutefois d’établir un lien de continuité avec le présent.  

Le Musée McCord posait un regard nostalgique sur la mode de la décennie. Deux exemples d’uniformes de l’Expo 67, le bleu du créateur Michel Robichaud et celui d’hôtesse du pavillon du Québec de Serge & Réal. Source : © Musée McCord  

Le Musée Stewart de l’île Sainte-Hélène proposait jusqu’au 8 octobre, Expo 67 – Rêver le monde. Les commissaires sont d’avis que : « Cette nouvelle exposition multimédia et immersive puise son inspiration des innovations technologiques exploitées dans les pavillons et les grands rêves mis en œuvre durant l’Exposition universelle de 1967. »

Les organisateurs ont tenté de recréer l’ambiance audiovisuelle de certains pavillons, en utilisant le mapping vidéo, une technologie de projection d’images multiples sur des surfaces tridimensionnelles. Le parcours de l’exposition offre aussi la possibilité de visionner la version d’un film projeté à l’époque dans le pavillon du Labyrinthe (ONF), le tout dirigé vers cinq écrans placés en forme de croix. C’est cette innovation qui a d’ailleurs inspiré le développement de la technologie IMAX. Pour compléter la visite, diverses statistiques anecdotiques ou humoristiques ponctuent les murs des salles du musée.



Source : © Musée McCord  

Le projet d’Expo 67 proposait une vision volontairement optimiste d’un monde où la science, les arts et les technologies travaillaient en synergie et en complémentarité. Le legs du patrimoine immatériel et humain créé par Terre des hommes se reflète encore et toujours aujourd’hui dans la production des créateurs d’ici. Cela dit, le Québec peut s’enorgueillir de pouvoir laisser, pour la première fois de son histoire, une marque significative au plan international.


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