Architecture nordique – La signature Guy Gérin-Lajoie Affiche : Sylvie Turcotte, Provencher_Roy, 2026

Jeudi dernier, lancement de Peaux Arctiques, un ouvrage dirigé par Carlo Carbone, professeur à l’École de design de l’UQAM, architecte et éditeur. Rédigé par Carlo Carbone, Alain Fournier, Réjean Legault et Fayza Mazouz, le document étoffé présente cinq œuvres prototypes de Guy Gérin-Lajoie (1928-2015). Structuré en trois parties (1- Pour une architecture à grand déploiement et adaptée à son contexte / 2- Inventaire des archives / 3- Album photos : Les édifices prototypes de Gérin-Lajoie dans l’Arctique canadien), l’ouvrage met en valeur l’apport significatif de Guy Gérin-Lajoie à la recherche d’une architecture adaptée aux zones arctiques, à l’histoire de la construction préfabriquée et au développement du modernisme canadien.

Avant-propos de l'éditeur

Pour une génération d’architectes formée au Québec à la fin du 20e siècle, la firme Papineau Gérin-Lajoie Leblanc architectes (PGL) représentait le succès d’une modernité architecturale bien ancrée localement. Par une production à la fois abondante et diversifiée – stations de métro, écoles, pavillon du Québec à Expo 67, aérogare de Mirabel, et une remarquable série de projets dans l’Arctique canadien – cette firme incarnait la créativité florissante de la Révolution tranquille appliquée à la conception d’édifices.

Pavillon du Québec, Expo 67, Montréal : vue vers le sud-est (1967). – Source : Collection Centre Canadien d’Architecture, don de May Cutler

C’est lors d’une rencontre avec Guy Gérin-Lajoie en 2010, dans le cadre de la préparation d’un cours d’atelier sur les polymères à l’École d’architecture de l’Université de Montréal, que j’ai pleinement pris la mesure de l’énergie qui avait animé la firme. C’était un vendredi de la fin de janvier, en début d’après-midi. À 82 ans et manifestement toujours prêt à relever de nouveaux défis, l’architecte avait conduit les 123 kilomètres depuis Mont-Tremblant après une matinée passée sur les pistes de ski. Transportant deux lourdes valises et un enthousiasme contagieux, Guy avait hâte de partager les connaissances développées au fil de sa carrière : d’abord comme co-fondateur de Papineau Gérin-Lajoie Leblanc architectes (1959-1973), puis de PGL international ltée (1973-1981), avant de diriger sa propre agence, Guy Gérin-Lajoie architecte, jusqu’en 1993.

Coupe schématique de l’aérogare de Mirabel (1975-2014). Source : Collection privée Carlo Carbone

 

Caractéristique de ces intérêts particuliers pour les expérimentations constructives, Guy a exploré et développé à partir de 1968 une architecture industrialisée destinée spécifiquement aux territoires nordiques : un « kit » de construction flexible, constitué d’une ossature d’acier sur laquelle étaient boulonnés des panneaux composés isolés. La quête d’une enveloppe thermique simple à déployer dans des contextes géographiquement isolés a soutenu cet axe de recherche appliquée. Elle a d’ailleurs mené à la construction de plusieurs édifices publics dans les régions arctiques du Canada et de nombreux autres bâtiments ailleurs dans le monde utilisant ce type d’enveloppe.

L’engouement marqué pour la construction industrialisée depuis le début du 21e siècle souligne avec force la portée visionnaire de l’approche développée par l’architecte Guy Gérin-Lajoie, toujours aussi pertinente et avant-gardiste aujourd’hui.

Complexe Arnaïtok, Iqaluit, Nunavut (ᐃᖃᓗᐃᑦ,ᓄᓇᕗᑦ), 1972-1973. Source : Fonds Guy Gérin-Lajoie, Studio Cube, École de design, UQAM.

 

Le présent recueil vise à mettre en valeur l’apport significatif de Guy Gérin-Lajoie à la recherche d’une architecture adaptée aux zones arctiques, à l’histoire de la construction préfabriquée et, plus largement, au développement du modernisme canadien. On y présente quatre essais ainsi qu’une série de dessins et photographies d’archives illustrant cinq édifices significatifs. Ces images proviennent des archives de Guy Gérin-Lajoie, conservées par le Studio Cube à l’École de design de l’UQAM. De plus, le recueil propose des représentations originales contemporaines qui montrent l’application des principes constructifs associés à l’œuvre de Guy Gérin-Lajoie et, plus généralement, au mouvement moderne en architecture. Ces principes comprennent notamment la séparation de la charpente et de l’enveloppe, la coordination modulaire et la répétition de composantes simples, permettant de produire une géométrie d’ensemble cohérente.

Complexe Arnaïtok, Iqaluit, Nunavut (ᐃᖃᓗᐃᑦ,ᓄᓇᕗᑦ), 1972-1973. Source : Fonds Guy Gérin-Lajoie, Studio Cube, École de design, UQAM.

 

La conclusion du recueil présente la republication d’un extrait d’une conférence présentée par l’architecte en 1973. Elle relate sa recherche d’une « architectonique plastique », sensible aux contextes, aux traditions et au climat de l’Arctique canadien.

Information et pour se procurer l’ouvrage, écrire à carbone.carlo@uqam.ca.


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