Construction biosourcée – Réponse au changement climatique Ballots de chanvre. Source : C&B

Les bâtiments sont responsables de 17 % des gaz à effet de serre (GES) au Canada, tandis qu’en France, ils sont à l’origine de plus de 20 % des GES. Parmi les solutions : la construction biosourcée.

Les bâtiments sont responsables de 17 % des gaz à effet de serre (GES) au Canada, notamment des émissions provenant de la production de l’électricité qu’ils consomment. Elles sont en grande partie causées par l’utilisation des combustibles fossiles pour chauffer et refroidir nos bâtiments1. En France, le secteur du bâtiment est à l’origine de plus de 20 % des émissions de gaz à effets de serre2. Près de la moitié des émissions de CO2 du bâtiment sont attribués à la production, la mise en œuvre et à l’élimination des matériaux de construction. À l’échelle mondiale, 3 à 10 % des émissions de gaz à effet de serre sont attribués à l’industrie du béton, matériau emblématique du BTP (bâtiment et travaux publics). La pénurie du sable et des granulats3 est également au centre des préoccupations et sera une problématique centrale dans les années à venir avec la demande croissante des pays en émergence4.

Le Toit Vosgien, un bâtiment certifié Passivhaus en bois et en paille. Source : Antoine Pagnoux

La solution biosourcée

La construction biosourcée5 apparait aujourd’hui comme une réponse possible à la réduction de la contribution du bâtiment au changement climatique et de la consommation des ressources non renouvelables. Les produits disponibles sur le marché trouvent de multiples applications dans la construction en tant qu’isolants, granulats pour bétons, panneaux rigides et semi-rigides, matériaux composites ou encore les colles, les adjuvants et les peintures. Alors que les matériaux de construction biosourcés étaient encore sur un marché de niche il y a quelques années, ces matériaux sont aujourd’hui sur la voie de la massification6.

Les collectivités territoriales jouent un rôle fondamental dans la structuration et le développement des filières locales. Des initiatives sont recensées partout en France (dont en Île-de-France)7, mais aussi aux quatre coins de la planète8. L’organisation en Île-de-France de la 1re édition du Sommet international de la construction biosourcée a pour ambition d’engager les territoires du monde entier dans une dynamique sans précédent en faveur de la construction biosourcée, dans le sillage des engagements pris par les États à l’issue de la COP 21.

Un Sommet international

 La Région Île-de-France organise les 5, 6 et 7 novembre prochain à l’Hémicycle du Conseil régional à Paris, un évènement à destination des élus, collectivités, maîtres d’ouvrage et aménageurs et autres décideurs publics autour de la construction biosourcée : B3IC (comme Bio-based Buildings International Conference) ou Sommet international de la construction biosourcée en français.

Cet évènement – organisé en partenariat avec Le Moniteur – a vocation à mettre en lumière les initiatives de territoires, sous toutes leurs formes, et bonnes pratiques identifiées partout dans le monde, et à engager une dynamique internationale sans précédent. Rappelons que cette initiative est née au Québec lors de la 2e édition du Rendez-vous des écomatériaux organisé par la MRC des Sources. Cette MRC participe d’ailleurs à la rédaction du livre blanc ainsi qu’à la diffusion de l’évènement au Québec.

Les deux jours de conférences, tables rondes et témoignages seront ponctués par des temps forts tels que la remise du Prix mondial des architectures contemporaines en fibres végétales, FIBRA Award, et la signature par les élus volontaires d’un acte d’engagement international.

Complexe hôtelier en terre crue et fibres végétales à Baoxi en Chine, une conception de l'architecte Anna Heringer, présidente d'honneur du FIBRA Award. Photo : Dominique Gauzin-Müller

Le 3e jour (le 7 novembre) sera consacré à des visites de chantiers, bâtiments et outils industriels situés en Île-de-France. Quelque 250 participants y sont attendus, principalement des élus, dont la moitié provenant de délégations internationales, et en particulier du Québec. Les participants et intervenants attendus sont prioritairement les élus, agents de collectivité, États et autres représentants de territoires (sous toutes leurs formes), mais les entreprises, architectes, promoteurs, etc. qui contribuent à une dynamique de territoire sont également les bienvenus.

Pour information : https://www.iledefrance.fr/b3conference. Un lien vers le formulaire de préinscription est disponible sur http://parisregion.eu/b3conference.html

1 Gouvernement du Canada, https://www.canada.ca/fr/services/environnement/meteo/changementsclimatiques/action-pour-climat/maisons-batiments-econergetiques-durables.html
2 Chiffres-clés climat, air et énergie, Ademe, édition 2015.
3 http://boutique.arte.tv/f9016-sable_enquete_disparition
4 La production de ciment a doublé en 20 ans. La consommation mondiale de ciment devrait croître régulièrement jusqu’en 2030-2050, pour culminer autour de 5 milliards de tonnes (source : Lafarge).
5 Par définition, les matériaux biosourcés sont issus de la biomasse animale ou végétale, comme le chanvre, la paille, le lin, les textiles recyclés, la ouate de cellulose, le miscanthus, la laine de mouton, etc. et bien sûr le bois.
6 Les isolants biosourcés atteignent aujourd’hui près de 8 % de parts de marché (source : Karibati).
7 Étude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l’exception du bois) réalisée par Nomadéis pour le compte du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et du PUCA, décembre 2012.
8 Panorama de l’usage des matériaux de construction biosourcés dans 15 pays réalisée par l’ENSAM de Cluny, Biobuild Concept et Nomadéis pour le compte de l’Arene IdF, du ministère de l’Environnement et de l’Ademe, juin 2016.
 
Guillaume DEROMBISE, ingénieur, docteur en matériaux et structures de l’École nationale des ponts et chaussée, est chef du service forêt, énergie et matériaux biosourcés du Pôle cohésion territoriale de Région Île-de-France. Il est responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie régionale pour la forêt et le bois, de la stratégie régionale pour l'essor des filières de matériaux et produits biosourcés et de la stratégie pour le développement de la méthanisation en île-de-France.

Articles récents

Qu’entend-t-on par développement durable des villes ?

Qu’entend-t-on par développement durable des villes ?

« Il y a plusieurs périls liés à l’urbanisation souffrant de l’étalement urbain », note Juliette Viard-Gaudin, jeune diplômée en développement international de l’école
Sciences Po Paris.


Lire la suite
Transformation des sites d’enfouissement en parcs urbains

Transformation des sites d’enfouissement en parcs urbains

Sites d’enfouissement et parcs urbains. Qu’ont en commun les villes de New York et de Montréal  ?


Lire la suite
La climatisation aggrave le réchauffement climatique

La climatisation aggrave le réchauffement climatique

Une étude scientifique confirme de nouveau l’impact négatif de la climatisation sur le réchauffement climatique.


Lire la suite
Magazine FORMES
6 numéros pour seulement 29,95 $

Restez informé avec
notre infolettre

M’inscrire...
Merci pour votre inscription, vous devez maintenant confirmer votre abonnement par courriel. Consultez votre boîte de réception.

Vous n’avez pas de compte ?

Créer un compte