Habiter le bois, réduire le carbone : le projet Andas Alex St-Jean

Parmi les bâtiments qui s’inscrivent dans l’initiative CBCB figure le projet Andas, de Helisis et Gestion Kokolakis, un immeuble multirésidentiel locatif de 6 étages et 53 unités, situé à Lachine.

La décarbonation du secteur du bâtiment est une préoccupation grandissante. Parmi les stratégies de conception durable, le bois s’impose comme une solution toute simple. Ce matériau constitue une option particulièrement pertinente pour la construction de bâtiments multirésidentiels bas carbone.

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’initiative Construction bas carbone avecle bois (CBCB), qui mobilise des acteurs de la construction et des municipalités autour d’un objectif commun : favoriser l’utilisation du bois afin de diminuer le carbone intrinsèque des bâtiments.

Parmi les projets qui s’inscrivent dans cette démarche figure le projet Andas, de Helisis et Gestion Kokolakis. Conçu par NEUF architectes et la firme d’ingénierie L2C Experts-conseils, cet immeuble multirésidentiel locatif de 6 étages et 53 unités, situé à Lachine, a été complété en 2025. Le bâtiment se distingue par sa conception durable dont son utilisation d ubois massif comme matériau structural principal. La structure de type poteaux-poutres en bois lamellé-collé avec planchers de CLT 5 plis a été choisie dans un objectif d’offrir un environnement chaleureux à faible impact carbone.

« Le carbone intrinsèque doit absolument faire partie des critères fondamentaux de conception. En analysant les solutions constructives dès les premières phases d’un projet, il devient possible d’orienter les décisions structurantes et d’atteindre, voire de dépasser, les cibles de GES. »

-NEUF architectes, membre de l’initiative CBCB

Alex St-Jean

 

Outre l’utilisation du bois massif, le bâtiment met en œuvre différentes stratégies de conception durable et innovantes. Parmi celles-ci, notons l’usage d’un système de contreventement en acier. L’équipe de conception a développé cette solution économique, facile à intégrer et rapide à installer, qui présente une empreinte environnementale réduite en comparaison aux systèmes de contreventement en béton, grâce à un volume d’acier réduit. Le recours à des chapes acoustiques sèches a permis de réduire l’empreinte carbone du bâtiment, en évitant les chapes traditionnelles en béton coulé. Sofix, un produit québécois développé par l’entreprise AcoustiTECH, a été privilégié dans ce cas.

Parce que la beauté d’une structure en bois massif figure parmi les principaux bénéfices de ce mode constructif, Hugo Gagnon, architecte associé, concepteur principalet Sara-Jeanne Dagenais, architecte chargée de projet chez NEUF, ont mis en place différentes stratégies architecturales pour maximiser l’exposition de la structure. Dans chaque pièce, cette exposition du bois a été réfléchie de façon à s’assurer que chaque perspective soit harmonieuse. Grâce à l’attention particulière portée à l’intégration des services mécaniques, électriques et de plomberie (MEP) dans la superstructure de bois massif, les concepteurs ont réussi à exposer 50 % des plafonds.

« Réduire notre empreinte carbone par l’innovation et la collaboration fait partie intégrante de l’ADN de L2C. L’initiative CBCB met en lumière nos compétences et la qualité de nos structures à travers deschoix bas carbone mesurables et performants. »

-L2C Experts-conseils, membre de l’initiative CBCB

Enfin, l’usage du bois massif a payé d’un point de vue environnemental. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la superstructure ont été quantifiées avec GESTIMAT, mesurant avec précision le carbone intrinsèque des matériaux. La comparaison avec les émissions d’un scénario de référence, représentant un projet équivalent conçu en béton armé, permet de mettre en évidence la réduction du carbone intrinsèque possible grâce à l’utilisation du bois. L’analyse démontre une réduction des GES de 51 % du bâtiment en bois, en comparaison au scénario de référence, et ce pour la phase de production des matériaux de la superstructure. Elle estime également que ce sont 832 420 kg éq. CO2 qui ont été stockés dans la superstructure de ce bâtiment. Ces résultats confirment ainsi la contribution déterminante du bois massif à la réduction de l’empreinte carbone du projet.

Indicateurs bas carbone

Indicateur

Résultat

GES de la superstructure du projet

80 kg éq. CO2/m2

GES évités par l’utilisation du bois

438 928 kg éq. CO2

Réduction des GES par rapport au scénario de référence

51 %

Carbone stocké pendant la durée de vie du bâtiment

832 420 kg éq. CO2

 


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