Cartographie de la construction industrialisée
Le premier pas vers l’industrialisation de la construction consiste simplement à préfabriquer en usine, et avec les mêmes techniques de la construction en chantier. Peuvent ainsi être préfabriqués des modules 3D, des panneaux ou des composantes qui seront ensuite assemblés en chantier. C’est le premier des cinq niveaux de maturité décrit par Roger-Bruno Richard, architecte, professeur retraité de l’École d’architecture de l’Université de Montréal. Le deuxième introduit la mécanisation de certaines opérations ; le troisième, l’automation ; et le quatrième, la robotisation. « Toutefois, le cinquième niveau, qui est le plus important, n’est pas dans l’outillage, mais dans la production intégrative, c’est-à-dire trouver des procédés qui font en une seule étape ce que la fabrication en chantier fait en plusieurs étapes », insiste M. Richard (voir son dossier dans FORMES, vol. 18, no 2).
Carlo Carbone a présenté une carte montrant le déploiement des manufacturiers de modules volumétriques en Amérique du Nord. La carte était couverte de pastilles, indiquant l’omniprésence de ces manufacturiers. Mais, constate-t-il, « le modèle d’affaires est encore limité à la maison individuelle, et beaucoup de ces manufacturiers font moins de 50 maisons par année. Donc, ce n’est pas une production industrielle. Il faut sortir de l’unifamiliale et transformer l’industrie vers du logement collectif pour réaliser des projets plus denses ». Roger-Bruno Richard a précisé la situation au Québec : « Il y a une quinzaine de manufacturiers qui sont de plus en plus mécanisés et certains, comme les Maisons Laprise, Industries Bonneville et autres, ont automatisé quelques procédés. »