L’histoire d’une fiducie signée Angus La Fiducie a acquis l’essentiel du patrimoine bâti du Technopôle tout en étant bénéficiaire d’une option exclusive d’achat sur les immeubles qui seront érigés sur le site dans le futur. – Source : Société de développement Angus

La Fiducie d’utilité sociale Angus Louis Roquet a pour vocation de protéger le patrimoine du Technopôle Angus, à l’abri de la spéculation, garantissant ainsi la pérennité de sa mission collective.

« Quel a été votre parcours ? ». La question paraît banale, mais la réponse que donne Me François Ferland, avocat et membre du conseil d’administration de la Société du patrimoine Angus (SPA), passionné d’économie sociale, ne l’est pas du tout. Il accompagne Angus depuis plus de trente-cinq ans sur des projets hors du commun, au croisement du droit, de l’immobilier, de l’économie sociale et du développement collectif.

L’histoire débute dans les années 1990, lorsque le Canadien Pacifique abandonne ses ateliers ferroviaires à Montréal. Le quartier est alors frappé par un taux de chômage élevé, près de 20 %, et menacé par la spéculation immobilière. Un groupe de citoyens se mobilise pour préserver la vocation industrielle du site. C’est à ce moment qu’entre en scène Me Ferland, alors âgé d’une trentaine d’années. Il est séduit par la détermination de Christian Yaccarini, le porteur du projet.

Contre toute attente, le groupe de citoyens parvient à acquérir graduellement les terrains, une première parcelle, puis la construction de la première phase, d’un premier immeuble. Portés par cette réussite, ils finissent par acquérir la totalité du terrain et construire, étape par étape, les différentes phases du projet tel que nous le connaissons aujourd’hui.

À l’origine, la volonté du groupe de citoyens était de préserver la vocation industrielle du site. Mais au fil du temps, en tenant compte de la réalité sociale et économique, le projet s’est transformé. De cette friche est né un quartier mixte dans lequel cohabitent entreprises, commerces, logements et espaces communautaires.

L’histoire ne s’arrête pas là. La question de la pérennité de la Société de développement Angus (SDA), essentielle pour ses fondateurs, les a conduits à emprunter une voie juridique novatrice : celle de la fiducie d’utilité sociale. Ainsi est née en décembre 2018, la Fiducie foncière Angus, renommée en 2023 Fiducie d’utilité sociale Angus Louis Roquet en hommage au premier président du conseil d’administration de la SDA, et premier président du conseil des fiduciaires de la Fiducie Angus, décédé en février 2023. Cette fiducie a pour vocation de protéger le patrimoine du Technopôle Angus, à l’abri de la spéculation, garantissant ainsi la pérennité de sa mission collective.

Le Locoshop Angus, premier bâtiment érigé sur le site du Technopôle Angus. – Source : Société de développement Angus

 

Concrètement, cette structure qui n’appartient à personne œuvre au service d’une mission commune. Au fur et à mesure que les projets immobiliers arrivent à maturité, ceux-ci sont transférés à la fiducie, créant un patrimoine inaliénable qui ne peut être morcelé ou modifié, afin de faire en sorte que les valeurs fondatrices du projet demeurent au cœur de son développement, au-delà des générations et des dirigeants qui se succéderont.

La fiducie d’utilité sociale Louis Roquet repose sur trois parties prenantes : les constituants, les fiduciaires et les bénéficiaires. Les constituants sont ceux qui ont créé la fiducie, soit la SPA et Fondaction (le fonds de travailleurs de la CSN). Les fiduciaires, véritables gestionnaires du bien d’autrui, ont pour responsabilité de s’assurer que chaque projet est conforme à la mission d’Angus. Enfin, les bénéficiaires représentent le territoire et la collectivité, garant que les retombées du projet demeurent ancrées dans l’intérêt public.

Le modèle atypique de fiducie d’utilité sociale a inspiré d’autres initiatives à travers le Québec : des fiducies agricoles, des projets de logements pour travailleurs dans les Laurentides, jusqu’à Communauto, dont une partie des actions sera transférée à une fiducie pour protéger sa mission sociale. Trente-cinq ans plus tard, l’aventure Angus est devenue bien plus qu’un projet immobilier : un legs pour les générations futures.


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