Du bon usage du bois… et de la forêt exposeimage

Les projets d’architecture n’ont pas besoin d’être grands et tape-à-l’œil pour afficher esthétique et qualité. Présenté lors du 6e du Rendez-vous des écomatériaux, le gymnase en bois de l’école Centrale de Saint-Samuel-de-Horton en est un bon exemple. Le terrain présentait pourtant des contraintes, mais l’équipe de projet a su les contourner.

L’école du village de Saint-Samuel-de-Horton n’avait pas de gymnase et l’équipe de projet prônait une construction en bois. « Le Centre de services scolaire des Bois-Francs voulait une structure apparente en bois. L2C, l’ingénieur en structures, était habitué à ce genre de construction, et nous on savait que ça donnerait un bon résultat », raconte Laurie Lavallée, architecte associée chez BGA Architectes.

Mais le terrain leur a donné du fil à retordre. « On s’imagine qu’en milieu villageois, on a de l’espace, mais ici, ce n’est pas vrai. On était coincé entre le parc-école et les voisins », décrit André Bourassa, architecte retraité. En outre, en raison de la proximité avec le voisin, le Code du bâtiment exigeait qu’une façade du gymnase soit construite en matériau incombustible. L’équipe a donc entamé des démarches auprès de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) pour proposer une mesure différente qui réponde aux objectifs de résistance au feu du Code de construction. Dans un commun effort, appuyée par la municipalité et Cecobois, l’équipe a proposé une solution que la RBQ a acceptée. « Le Centre de services scolaire a engagé un consultant spécialisé pour négocier avec la Régie. Un autre donneur d’ouvrage moins convaincu aurait choisi la simplicité et construit en acier », observe André Bourassa.

Le gymnase est sorti de terre en juillet 2020, et le bois y est omniprésent. La structure, en poutres et colonnes de bois lamellé-collé, a été laissée apparente. Le plancher est en bois, de même que le platelage au plafond. Le bas des murs est revêtu de lamelles de bois pour améliorer l’acoustique des lieux en plus d’embellir le gymnase. Quant au mur sujet à une demande de mesure différente, la structure est en bois, mais les revêtements extérieurs en métal et en maçonnerie et deux panneaux de gypse sur le côté intérieur du mur rendent la construction incombustible. La fenestration, limitée à un bandeau en haut des murs, est modeste, mais la lumière est habilement réfléchie par la couleur pâle de la finition des plafonds et des murs.

Le bâtiment contient aussi des annexes construites en ossature légère en bois pour abriter notamment la salle mécanique. « On voit parfois des bâtiments bien isolés, mais sur le toit l’air circule dans des équipements mécaniques mal isolés et peu performants, déplore André Bourassa. Si on veut un bâtiment performant, au lieu d’installer de la géothermie, on peut aussi enlever ces boîtes sur le toit. Dans notre bâtiment, toute la salle mécanique est à l’intérieur pour éviter cette situation. » Par ailleurs, le gymnase est chauffé par deux pompes thermiques air-eau, et l’air qui entre dans le bâtiment est préchauffé par un mur solaire.

La qualité du concept et les mesures environnementales ont valu au gymnase d’être lauréat dans la catégorie Concept structural et nominé dans la catégorie Développement durable aux Prix d’excellence Cecobois 2021.

Ces reconnaissances attestent du bon usage du bois et de la qualité du projet et démontrent que l’excellence n’est pas réservée aux bâtiments ostentatoires. Les efforts sont récompensés et l’histoire se finit bien, mais elle a été ternie par une expérience de gestion forestière vécue par André Bourassa. L’architecte est aussi producteur forestier, copropriétaire d’une plantation qui nécessitait d’être éclaircie. Une entreprise est venue récolter les arbres surnuméraires. « On a été surpris de la grosseur des équipements et de la largeur des chemins qu’ils ont faits et le bois est parti au déchiquetage on ne sait où et pour quel usage ! », décrie-t-il. Se pose alors la question du bon usage de la ressource forestière, car les arbres coupés devraient l’être avant tout pour leur bois. André Bourassa tire de cette amère expérience deux constats : l’utilisation du bois n’est pas optimale et les filières courtes du bois de sciage et des produits du bois ne sont pas assez développées.


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