Rue Sainte-Catherine et square Philips renouvelés Adrien Williams

Au centre-ville de Montréal, Provencher_Roy signe la conception de la rue Sainte-Catherine Ouest pour le tronçon compris entre la rue Mansfield et la rue de Bleury.

Le concept d’aménagement exprime la volonté de renforcer l’identité unique et composite de cette importante artère commerciale, à relater les grandes ambitions collectives, puis à souligner l’histoire de cette rue mythique.

La mobilité durable au service de la qualité de vie 

La rue Sainte-Catherine Ouest, comme symbole démocratique, accueille des usagers de tous les âges, et de toutes habilités. L’élargissement des trottoirs offre davantage d’espace aux piétons, leur redonnant ainsi la place qui leur revient. Le stationnement dans la rue est supprimé, inversant ainsi la part de l’espace alloué aux voitures et aux piétons. La rue à quatre voies est ainsi transformée en rue à une voie de circulation automobile, encourageant la promenade, le vélo, et la mobilité de tous par l’accessibilité. De cette manière, la rue Sainte-Catherine Ouest devient un lieu public plus affirmé.

Plan coupe – Source : Provencher_Roy

« Nous sommes heureux de contribuer significativement à cet important projet de valorisation urbaine qu’est celui de la rue Sainte-Catherine, souligne Sonia Gagné, associée et architecte chez Provencher_Roy, responsable du projet. Il permet d’accroître sa notoriété et son positionnement stratégique dans le monde du commerce de détail, sans oublier son rayonnement à l’échelle nationale. Nous assistons également à l’émergence d’un nouveau milieu de vie attractif moderne axé sur la mobilité durable, tout en étant respectueux de son héritage emblématique et de son contexte urbain unique. » 

Données du projet
Emplacement – Montréal, Québec, Canada
Client – Ville de Montréal
Aménagement urbain – Provencher_Roy
Architecture du paysage – Provencher_Roy
Mobilier urbain – Michel Dallaire
Génie civil, mécanique, structure – CIMA +

 

Cette nouvelle rue partagée crée une esplanade linéaire qui relie un réseau auparavant morcelé de places, de monuments et de bâtiments historiques en un paysage urbain cohérent, incitant piétons et cyclistes à la promenade. Des plaques de bronze intégrées à même la chaussée servent de repères urbains, en identifiant les grands magasins et les bâtiments commerciaux du début du siècle qui confèrent à cette zone son patrimoine historique. La nouvelle rue Sainte-Catherine Ouest s’intègre de façon harmonieuse au réaménagement du Quartier des spectacles à l’est et au réaménagement prévu des îlots à l’ouest.

Un travail tout en nuance a été réalisé sur la chaussée renouvelée grâce à la pose de pavage modulaire permettant de marquer les différents espaces et leurs usages. Allant du gris foncé au gris pâle, le pavé informe les piétons de la présence de la voie véhiculaire ou de la zone piétonne sécurisée. Les couleurs changeantes distinguent les zones réservées exclusivement à la marche de celles partagées avec voitures et cyclistes, en créant ainsi un environnement sécuritaire dans un espace public unifié. – Photos : Adrien Williams

Enfin, les concepteurs ont travaillé la densité des arbres, plus rapprochés dans les zones calmes et plus espacés dans les zones animées. Ce schéma unifie l’ensemble du tronçon en une promenade unique et cohérente tout en créant une rythmique de densité dans son tracé.

Design signé Michel Dallaire

Le nouveau mobilier urbain du designer industriel québécois Michel Dallaire confère à la promenade une identité visuelle unique et crée des endroits où les gens peuvent se détendre, socialiser et s’imprégner de l’énergie et du patrimoine de la rue.

Photo : Adrien Williams

Le travail de M. Dallaire est présent partout à Montréal, y compris dans le quartier international et sur la rue Peel, ce qui assure la cohérence du secteur avec l’arrondissement Ville-Marie. L’épure élégante et raffinée des bancs et parcs à vélos sur la rue Sainte-Catherine Ouest désencombre donc les trottoirs, et fluidifie les déplacements.

Le nouveau square Phillips

Photo : Adrien Williams

Le square Phillips retrouve sa vocation d’origine de cœur du centre-ville, dans le respect de la vision du plan Phillips de 1841. Interprétation contemporaine du square-jardin anglais, le square gagne en superficie avec des trottoirs plus larges et un couvert végétal amélioré. Les perspectives axiales ouvrent des vues sur l’environnement bâti et le paysage environnant. Le monument à la mémoire d’Edward VII, érigé en 1941 grâce au don de Henry Birks, est valorisé par un nouvel éclairage, un mobilier urbain intégré et une fontaine ludique.

Verdir la ville

Le réaménagement augmente considérablement la végétation de cette zone, en améliorant l’expérience des piétons, et en créant un environnement urbain plus durable. Le projet augmente la couverture végétale de 46 % et multiplie par 14 le nombre d’arbres actuels, se rapprochant ainsi de l’objectif de la Ville de Montréal de devenir le centre-ville le plus vert de l’Amérique du Nord.

Provencher_Roy a pensé à une stratégie de verdissement avec cinq essences d’arbres choisies pour leur tolérance à la pollution urbaine, leur robustesse et leur résilience, qui favorisent ainsi la biodiversité. Le long de la rue Sainte-Catherine, les fosses de plantation continues et généreuses permettent aux arbres de croitre librement.

Au square Phillips, les arbres existants sont préservés et des nouveaux sont ajoutés en bordure pour encadrer la rue. Pour évoquer les jardins victoriens et enrichir la biodiversité, différentes strates de végétaux sont plantées (arbres, arbustes et plantes vivaces).

Schéma végétal – Source : Provencher_Roy

Des parterres de fleurs luxuriants sont juxtaposés à des plantations plus rustiques aux teintes douces de violet, bleu, rose et blanc. La place devient une oasis de verdure dans la ville, définie par son esthétique naturaliste inspirée des jardins anglais.

D’autres mesures de durabilité comprennent l’utilisation d’un système d’irrigation minimale pour les parterres floraux afin de minimiser la demande en eau ; la réutilisation de l’eau de ruissellement ; l’implantation d’un système d’eau recirculé pour les composantes d’eau ; l’utilisation de matériaux d’origine locale à fort pouvoir réfléchissant pour atténuer les effets d’îlot de chaleur, et l’ajout de luminaires DEL pour réduire la pollution lumineuse.


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