-50 % d’émission en 2030… Comment ? Illustration : Romain Lasser

Notre production de « classe mondiale » carbure à l’extraction, aux « externalités », à l’obsolescence systémique et aux bas prix provoquant une hyper consommation, car rien ne dure. L’économie consumériste est destructrice et émet des quantités gigantesques de carbone ; elle a déclenché la sixième extinction. Il faut s’en extraire.

La croissance n’est plus possible, car les exutoires (les océans et l’atmosphère) sont remplis à ras bord de carbone. Il faut réduire, ralentir, bref décroître pour décarboner la planète. Que faut-il décroître et comment ? Le livre De la Mondialisation au Local. Changer d’échelle pour décarboner la planète décrit comment y arriver : sortir de la mondialisation en changeant d’échelle. Comment ? : par le redéploiement soutenable de l’économie locale, à l’opposé de l’économie surdimensionnée, la mondialisation.

Cette « relocalisation » soutenable ne requiert pas d’investissement gigantesque puisque tout est là localement : les équipements de fabrication sont dans les usines existantes. Pas de technologies 4.0, d’automatisation fantasmée, d’intelligence artificielle puisqu’il s’agit de répondre aux besoins locaux par des productions réduites, la planète n’étant plus à conquérir. Et puis les matériaux du futur sont locaux : ceux de la récupération, les matériaux décarbonés qu’il faudra apprendre à récupérer soigneusement et à recycler, car ils feront la différence dans la mise en marché des produits les moins carbonés. Le contenu carbone deviendra un indicateur aussi important que le prix.

Jacques Laval

Ces nouveaux facteurs et d’autres comme l’émergence de nouveaux comportements citoyens limiteront le comportement asocial et écocide des multinationales, sans compter que l’implantation de nouvelles règlementation, à propos des externalités, de la publication obligatoire du contenu carbone, la réduction drastique de l’extraction des ressources et la chasse à l’optimisation fiscale leur rendront la vie « impossible ».

Alors, la recherche de nouvelles façons de faire sur une planète limitée est l’affaire des designers de produits, des ingénieurs, des architectes, des urbanistes, publicistes et gestionnaires de projets… Les designers de produits pourront-ils s’extirper de la relation strictement commerciale avec leurs clients et redéfinir l’usager comme un concitoyen et non plus comme consommateur ? Pourraient-ils se voir comme véritables agents de changement social, éclaireurs sur les nouveaux chemins de la soutenabilité ? De la Mondialisation au localest un essai qui vise justement à installer le débat. Le temps presse : réduire de 50 % nos émissions de carbone d’ici 2030 est un défi gigantesque qui ne peut être évité.

Le livre est disponible sur le site www.bouquinbec.com, versions papier et numérique (ePub), en français et en anglais.

Avec plus de 25 années d’expérience en design de produits, Jacques Laval a eu l’occasion de réaliser des études, ainsi que de nombreux produits, équipements et systèmes pour une variété d’entreprises au Canada, aux États-Unis et en Chine. D’autre part, il a démarré et dirigé pendant six ans Domotique Secant, une start-up en haute technologie dans le secteur de la domotique. Il a également enseigné le design industriel au CÉGEP Dawson, au sein d’un programme qu’il a créé avec deux collègues.

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